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Articles sur la promotion de la santé
Pourquoi est-il difficile
de modifier ses habitudes ?
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Que vous soyez du genre à vous allonger devant
le téléviseur, à fumer la dernière
cigarette depuis six mois ou à paniquer parce que vous
n'avez plus d'ongles à ronger, sachez que vous n'êtes
pas seul.
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« Les gens n'aiment pas changer
leurs comportements », explique Richard Earle, Ph.D., directeur
du Canadian Institute of Stress et de la fondation Hans Selye.
Pourquoi? Il est dans la nature humaine de résister au
changement, même si l'on sait que notre vie s'en trouverait
améliorée. « La plupart d'entre nous préférons
suivre le courant », ajoute-t-il.
Nous
avons tendance à prédire l'échec, pourquoi?
La réticence au changement est ancrée
profondément dans la nature humaine en raison de cette
caractéristique commune à tous, peu importe notre
culture ou origine ethnique : la tendance au pessimisme. «
Dans chaque langue parlée sur Terre, le rapport entre les
qualificatifs pessimistes et optimistes est de trois contre un
», explique-t-il. Autrement dit, nous sommes mieux équipés,
des points de vue linguistique, psychologique et émotif,
pour concentrer nos efforts sur ce qui peut mal aller plutôt
que bien aller. Le résultat? Notre motivation s'effrite
avant même d'entamer tout changement.
Qu'est-ce
qui inspire le changement?
Un des importants facteurs motivants est l'inconfort.
Une grande partie de ce qui motive ou inspire les gens à
changer se résume en un seul mot : malaise. La plupart
des personnes ne modifient leur comportement que lorsqu'elles
ont beaucoup de mal ou lorsqu'elles se sentent vraiment mal à
l'aise, ajoute M. Earle qui n'oublie jamais de poser cette question
à ses patients, « Quelle douleur ou quel malaise
vous a poussé à modifier votre comportement? »
Jan Hill, conseillère en dynamique de
la vie à Toronto, confirme ces dires : « Les gens
endurent et endurent jusqu'à ce que leur situation devienne
insoutenable; ils prennent ensuite les mesures nécessaires
pour modifier leur style de vie. »
Cette décision coïncide habituellement
avec un changement dans les valeurs fondamentales. Citons en exemple
la personne qui estimait primordial de s'investir
totalement dans une carrière et qui soutient désormais
qu'il est vital de réserver du temps aux amis, à
la famille, et à elle-même.
Le facteur " M "-la motivation doit venir de l'intérieur
Les spécialistes s'accordent pour dire
que la motivation
doit venir de l'intérieur. Aucun reproche, aucune intimidation
ni raisonnement de la part d'une autre personne - votre partenaire,
vos enfants ou votre patron - ne vous poussera à adopter
un mode de vie plus sain. Bien que l'appui des autres soit essentiel,
seule la personne concernée peut prendre les mesures qui
s'imposent.
« Si on change un comportement simplement
pour plaire aux autres, on risque d'avoir des problèmes
parce que souvent dans ces cas la personne se sent contrainte
de changer » , fait remarquer Mme Hill. Il est
donc beaucoup plus probable qu'elle fera une rechute en période
de stress. Étant donné que le processus de changement
est stressant en lui-même, il est d'autant plus facile de
succomber aux tentations lorsqu'on souffre de fatigue, de solitude
ou de faim.
Au bout du compte, la clé, c'est d'être
véritablement motivé, d'avoir le facteur «
M », affirme M. Earle. Il cite l'exemple d'un homme de 50
ans qui, malgré son arthrite rhumatoïde, adorait restaurer
de vieilles voitures. Même s'il souffrait de plus en plus,
il refusait catégoriquement de faire les étirements
nécessaires pour réchauffer ses muscles, jusqu'au
jour où, après avoir fait quelques exercices d'assouplissement,
il a pu se glisser plus aisément sous ses voitures. Cela
a été l'élément déclencheur
qui l'a décidé à s'inscrire à des
cours de yoga. « Inutile d'essayer de motiver cet homme,
ajoute M. Earle. Ce n'est que lorsqu'il s'est rendu compte que
les exercices lui faisaient du bien, qu'il a eu la motivation
de les faire. C'est à partir de ce moment qu'il a changé
d'idée. »
Une
approche structurée peut aider
Pour bon nombre de personnes, il importe de
comprendre le processus du changement et de pouvoir suivre une
structure quelconque. Le modèle théorique intitulé
« Étapes du changement » explique comment l'esprit
et le corps interprètent le changement.
À chaque étape, la personne doit
confronter ses problèmes. La rapidité à laquelle
elle modifie ses comportements dépend d'elle, et elle seule
peut décider si elle est prête ou non à passer
à la prochaine étape.
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Étapes
du changement
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1. Pré-réflexion
Vous niez avoir un problème et vous n'êtes
pas prêt à changer.
Exemple : Il vous arrive souvent de boire trop de vin
au souper et vous ne vous souciez pas des conséquences
que ce comportement peut avoir sur votre santé.
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2. Réflexion
Vous pensez à votre mauvaise habitude
et vous êtes plus conscient des conséquences
personnelles.
Exemple : Vous commencez à vous
demander si le fait de manger une tablette de chocolat par
jour est la raison pour laquelle vos vêtements sont
plus serrés.
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3. Préparation/détermination
Vous vous engagez à changer un comportement et commencez
à faire des recherches pour savoir ce que vous devez
faire pour y arriver. Attention : les personnes qui sautent
cette étape font souvent une rechute parce qu'elles
n'ont pas bien préparé le terrain.
Exemple : Certains membres de votre famille souffrent
du diabète de type 2. Vous tentez de savoir si votre
mode de vie sédentaire augmente vos risques d'en
souffrir.
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4. Action/volonté
Vous élaborez un plan détaillé pour
composer avec les pressions personnelles et externes qui
menacent de vous faire chuter. À cette étape,
les personnes sont plus enclines à accepter de l'aide,
un élément important pour maintenir le cap.
Vous pouvez vous accorder des petites récompenses
pour vous aider à rester motivé.
Exemple : Cela fait quatre mois que vous avez cessé
de fumer. Vos promenades dans le quartier vous aide vraiment
à éviter de succomber à la tentation
de griller une cigarette. Chaque semaine, vous vous achetez
un petit cadeau de moins de 10 $. Vous déposez le
reste de l'argent que vous auriez consacré à
l'achat de cigarettes dans un " compte-vacances ".
Vous avez toujours eu envie de voir Paris!
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5. Maintien
Vous réussissez à éviter les tentations
et vous avez développé de nouvelles aptitudes
pour composer avec les soucis de la vie. Vous avez appris
à éviter les rechutes en anticipant les situations
et en vous préparant à y faire face à
l'avance.
Exemple : Vous avez perdu 15 livres depuis que vous
avez décidé de suivre un cours de yoga trois
soirs par semaine au lieu de vous étendre devant
la télévision. Vous avez décidé
de passer vos vacances dans le centre de villégiature
qui offre des buffets à volonté. Par contre,
vous vous êtes déjà inscrit aux cours
d'aquaforme et vous avez conclu un pacte avec votre partenaire
: ensemble, vous allez faire une promenade de trois kilomètres
le long de la plage tous les jours.
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| Source:
Cancer
Prevention Research Center- Transtheoretical Model |
L'appui
des autres est essential
Il faut également savoir que tout changement
peut modifier la relation que nous entretenons avec notre entourage,
particulièrement avec les personnes qui ont les mêmes
mauvaises habitudes, comme boire de l'alcool, fumer ou être
inactifs.
Pour vous aider à maintenir votre nouveau
style de vie, liez-vous d'amitié avec les gens que vous
rencontrez au club sportif. Qui sait, peut-être serez-vous
même en mesure d'améliorer vos relations avec vos
proches qui ont souvent souffert de votre absence autour de
la table lorsque vous restiez au bureau trop tard le soir. Vous
saurez aussi reconnaître les personnes qui appuient votre
nouveau style de vie et celles qui vous mettent des bâtons
dans les roues.
Vous augmenterez vos chances de succès
en vous entourant de gens qui vous encouragent. Après
tout, qu'y a-t-il de plus valorisant que de voir vos enfants
sourire lorsque vous leur annoncez qu'au lieu de travailler
tard, vous les amenez voir une partie de base-ball?
Autres conseils pour encourager le changement
« Les habitudes aiment la compagnie
» , fait remarquer Jan Hill. Pour arriver à les
rompre, vous devez briser les liens entre elles. Si vous cessez
de fumer, par exemple, et aviez l'habitude de griller une cigarette
en prenant un café, vous devez modifier ce dernier comportement
: sortez faire une promenade en buvant votre café! Pour
vous faciliter la tâche, faites chaque jour le bilan de
vos réussites, écrivez vos pensées dans
un journal ou, encore, essayez de vous visualiser en train de
réaliser un de vos rêves : faire de la voile autour
des îles Vierges britanniques; autographier votre best-seller,
etc.
La rechute : si vous ne réussissez pas du premier coup...
Tout d'abord, sachez qu'il n'y a aucune honte
à faire une rechute. Il est très difficile de
changer son style de vie. La plupart des personnes succombent
à la tentation à un moment donné. L'important
est de ne pas laisser cette rechute (peut-être avez-vous
fumé une cigarette ou mangé tout un sac de croustilles),
vous convaincre que vous ne pouvez y arriver.
Au dire des spécialistes, une rechute
peut fournir de l'information indispensable sur votre degré
de vulnérabilité. Tirez-en une leçon, repartez
sur la bonne voie et apprenez à gérer les coups
futurs. À force de persévérance, vous réussirez.
Cet article a été
rédigé par Kristin Jenkins pour le Réseau
canadien de la santé et remanié par Nexus Santé
en mai 2008.
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