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Articles sur la promotion de la santé

Quel est l'impact du revenu sur la santé?

La sécurité du revenu signifie avoir assez d'argent pour se permettre les nécessités de la vie, comme la nourriture, le logement, les vêtements et l'instruction, et tout ce qu'il nous faut d'autre pour pouvoir rester en bonne santé. Tout indique qu'il existe un lien entre un revenu plus élevé, la situation sociale et une meilleure santé.

Des études suggèrent deux liens étroits entre le revenu et la santé :

Les personnes qui ont un revenu très faible n'ont pas assez d'argent pour acheter les nécessités de la vie.
Les personnes qui ont un revenu assez faible ont moins de chance d'exercer un contrôle sur leur propre vie.

Un sentiment de contrôle accru favorise la santé

Les personnes qui jouissent d'une meilleure sécurité du revenu ont tendance à avoir davantage de contrôle personnel sur l'endroit où ils vivent, sur ce qu'ils mangent, sur leurs méthodes de travail et sur ce qu'ils font pour se détendre.

Des études récentes ont démontré que l'absence de ce genre de contrôle a des conséquences autant biologiques que sociales sur la vie de la population. Le corps et le système immunitaire s'affaiblissent et deviennent plus vulnérables au stress et aux maladies lorsqu'on a peu de contrôle sur sa vie et peu d'options à sa disposition.

Le lien entre un revenu faible et les maladies chroniques

Les maladies chroniques comme le cancer, le diabète, les maladies du cœur, les accidents vasculaires cérébraux et les maladies pulmonaires sont les principales causes de décès et d'invalidité évitables au Canada. Les groupes à faible revenu comme les Autochtones, les minorités visibles ainsi que les mères seules et leurs enfants ont plus de risques de développer une maladie chronique que le reste de la population.

De plus en plus de recherches indiquent que les facteurs de risque de ces maladies peuvent être réduits en adoptant un mode de vie sain : ne pas fumer, avoir une alimentation saine et faire plus d'exercice physique. Cependant, chez les populations à faible revenu, les facteurs sociaux et économiques sous-jacents nuisent à la capacité des gens de suivre un mode de vie sain.

Qu'en est-il des enfants qui grandissent dans la pauvreté?

Des exemples frappants illustrent la manière dont un revenu faible touche la santé et la croissance des enfants canadiens. Selon le Conseil canadien de développement social :

Les enfants qui grandissent dans des familles à faible revenu ont presque deux fois plus de risques de rencontrer d'importants problèmes émotionnels que les enfants dont le revenu familial est égal ou supérieur à 30 000 $.

Plus des deux tiers des enfants provenant de familles à revenu élevé sont considérés par leurs parents comme étant en excellente santé. Par comparaison, on ne peut en dire autant que de la moitié environ des enfants de famille à faible revenu.

Ces derniers ont deux fois et demie plus de risques d'avoir des problèmes de santé de base qui interfèrent avec leur fonctionnement de tous les jours que les enfants qui grandissent dans une famille à revenu élevé.

L'insécurité du revenu touche l'ensemble de notre société

La santé de notre société dépasse la simple richesse de chaque individu. En fait, l'écart entre les personnes les plus riches et les plus pauvres de notre société, connu sous le nom d'écart de revenu, touche la population entière.

Des études montrent que plus la distribution de la richesse d'un pays est équitable, c'est-à-dire plus l'écart de revenu est faible, plus sa population est en bonne santé.

L'espérance de vie est l'un des indicateurs d'une population en bonne santé. Par exemple, simultanément à la réduction de son écart de revenu sur les 30 dernières années, le Japon est passé d'un pays au taux de mortalité infantile élevé et à l'espérance de vie courte à un pays bénéficiant du taux de mortalité infantile le plus bas et à l'espérance de vie parmi les plus longues au monde.

En 2002, le taux de mortalité infantile du Japon était de trois enfants de moins de 1 an sur 1 000, comparé à presque cinq enfants sur 1 000 au Canada.

Au Canada, l'écart de revenu va en augmentant. Au cours des 30 dernières années, les 10 % les plus riches des ménages ont vu leur revenu croître de plus d'un demi million de dollars, alors que les 10 % les plus pauvres voyaient leur valeur nette diminuer.

Bien que nos programmes sociaux gouvernementaux et le système de l'impôt sur le revenu aient eu un certain effet sur la réduction de l'écart de revenu grandissant, nous ne sommes pas au bout de nos peines en ce qui concerne la diminution des importantes différences de salaire et l'assurance d'une distribution équitable de la richesse. Tous les secteurs de la société et tous les échelons gouvernementaux doivent partager la responsabilité de mettre en place des programmes sociaux qui rendront cela possible.


Renseignements complémentaires

Agence de la santé publique du Canada - Santé de la population - Qu'est-ce qui détermine la santé?

L'inégalité du revenu comme facteur déterminant de la santé - Résumé de l'Agence de la santé publique du Canada basé sur les documents et les exposés du Conseil canadien de développement social.

Une vague de changement. Iniquités et maladies chroniques au Canada atlantique. Document de travail (2003), bibliographie annotée (2003), et trousse d'information (2005)

Les déterminants sociaux de la santé et les soins infirmiers. Résumé des enjeux. Association des infirmières et infirmiers du Canada, 2005.

Les déterminants sociaux de la santé : les faits - 2e éd., rapport de l'Organisation mondiale de la santé, 2003 sous la direction de Michael Marmot (éd.) et Richard G. Wilkinson (éd.), Oxford Press, 1999 (livre)

Social Determinants of Health: Canadian Perspectives, by Dennis Raphael (Editor), Canadian Scholars' Press Inc. 2001 (livre) (en anglais seulement).

Prêts pour l'action : les déterminants sociaux de la santé


Cet article a été rédigé pour la page FAQ du site Web du Réseau canadien de la santé et remanié par Nexus Santé en mai 2008.

Pourquoi est-il difficile de modifier ses habitudes ?

Que vous soyez du genre à vous allonger devant le téléviseur, à fumer la dernière cigarette depuis six mois ou à paniquer parce que vous n'avez plus d'ongles à ronger, sachez que vous n'êtes pas seul.

« Les gens n'aiment pas changer leurs comportements », explique Richard Earle, Ph.D., directeur du Canadian Institute of Stress et de la fondation Hans Selye. Pourquoi? Il est dans la nature humaine de résister au changement, même si l'on sait que notre vie s'en trouverait améliorée. « La plupart d'entre nous préférons suivre le courant », ajoute-t-il.

Nous avons tendance à prédire l'échec, pourquoi?

La réticence au changement est ancrée profondément dans la nature humaine en raison de cette caractéristique commune à tous, peu importe notre culture ou origine ethnique : la tendance au pessimisme. « Dans chaque langue parlée sur Terre, le rapport entre les qualificatifs pessimistes et optimistes est de trois contre un », explique-t-il. Autrement dit, nous sommes mieux équipés, des points de vue linguistique, psychologique et émotif, pour concentrer nos efforts sur ce qui peut mal aller plutôt que bien aller. Le résultat? Notre motivation s'effrite avant même d'entamer tout changement.


Qu'est-ce qui inspire le changement?

Un des importants facteurs motivants est l'inconfort. Une grande partie de ce qui motive ou inspire les gens à changer se résume en un seul mot : malaise. La plupart des personnes ne modifient leur comportement que lorsqu'elles ont beaucoup de mal ou lorsqu'elles se sentent vraiment mal à l'aise, ajoute M. Earle qui n'oublie jamais de poser cette question à ses patients, « Quelle douleur ou quel malaise vous a poussé à modifier votre comportement? »

Jan Hill, conseillère en dynamique de la vie à Toronto, confirme ces dires : « Les gens endurent et endurent jusqu'à ce que leur situation devienne insoutenable; ils prennent ensuite les mesures nécessaires pour modifier leur style de vie. »

Cette décision coïncide habituellement avec un changement dans les valeurs fondamentales. Citons en exemple la personne qui estimait primordial de s'investir
totalement dans une carrière et qui soutient désormais qu'il est vital de réserver du temps aux amis, à la famille, et à elle-même.


Le facteur " M "-la motivation doit venir de l'intérieur

Les spécialistes s'accordent pour dire que la motivation doit venir de l'intérieur. Aucun reproche, aucune intimidation ni raisonnement de la part d'une autre personne - votre partenaire, vos enfants ou votre patron - ne vous poussera à adopter un mode de vie plus sain. Bien que l'appui des autres soit essentiel, seule la personne concernée peut prendre les mesures qui s'imposent.

« Si on change un comportement simplement pour plaire aux autres, on risque d'avoir des problèmes parce que souvent dans ces cas la personne se sent contrainte de changer » , fait remarquer Mme Hill. Il est donc beaucoup plus probable qu'elle fera une rechute en période de stress. Étant donné que le processus de changement est stressant en lui-même, il est d'autant plus facile de succomber aux tentations lorsqu'on souffre de fatigue, de solitude ou de faim.

Au bout du compte, la clé, c'est d'être véritablement motivé, d'avoir le facteur « M », affirme M. Earle. Il cite l'exemple d'un homme de 50 ans qui, malgré son arthrite rhumatoïde, adorait restaurer de vieilles voitures. Même s'il souffrait de plus en plus, il refusait catégoriquement de faire les étirements nécessaires pour réchauffer ses muscles, jusqu'au jour où, après avoir fait quelques exercices d'assouplissement, il a pu se glisser plus aisément sous ses voitures. Cela a été l'élément déclencheur qui l'a décidé à s'inscrire à des cours de yoga. « Inutile d'essayer de motiver cet homme, ajoute M. Earle. Ce n'est que lorsqu'il s'est rendu compte que les exercices lui faisaient du bien, qu'il a eu la motivation de les faire. C'est à partir de ce moment qu'il a changé d'idée. »


Une approche structurée peut aider

Pour bon nombre de personnes, il importe de comprendre le processus du changement et de pouvoir suivre une structure quelconque. Le modèle théorique intitulé « Étapes du changement » explique comment l'esprit et le corps interprètent le changement.

À chaque étape, la personne doit confronter ses problèmes. La rapidité à laquelle elle modifie ses comportements dépend d'elle, et elle seule peut décider si elle est prête ou non à passer à la prochaine étape.

Étapes du changement

1. Pré-réflexion

Vous niez avoir un problème et vous n'êtes pas prêt à changer.

Exemple : Il vous arrive souvent de boire trop de vin au souper et vous ne vous souciez pas des conséquences que ce comportement peut avoir sur votre santé.

2. Réflexion

Vous pensez à votre mauvaise habitude et vous êtes plus conscient des conséquences personnelles.

Exemple : Vous commencez à vous demander si le fait de manger une tablette de chocolat par jour est la raison pour laquelle vos vêtements sont plus serrés.

3. Préparation/détermination

Vous vous engagez à changer un comportement et commencez à faire des recherches pour savoir ce que vous devez faire pour y arriver. Attention : les personnes qui sautent cette étape font souvent une rechute parce qu'elles n'ont pas bien préparé le terrain.

Exemple : Certains membres de votre famille souffrent du diabète de type 2. Vous tentez de savoir si votre mode de vie sédentaire augmente vos risques d'en souffrir.

4. Action/volonté

Vous élaborez un plan détaillé pour composer avec les pressions personnelles et externes qui menacent de vous faire chuter. À cette étape, les personnes sont plus enclines à accepter de l'aide, un élément important pour maintenir le cap. Vous pouvez vous accorder des petites récompenses pour vous aider à rester motivé.

Exemple : Cela fait quatre mois que vous avez cessé de fumer. Vos promenades dans le quartier vous aide vraiment à éviter de succomber à la tentation de griller une cigarette. Chaque semaine, vous vous achetez un petit cadeau de moins de 10 $. Vous déposez le reste de l'argent que vous auriez consacré à l'achat de cigarettes dans un " compte-vacances ". Vous avez toujours eu envie de voir Paris!

5. Maintien

Vous réussissez à éviter les tentations et vous avez développé de nouvelles aptitudes pour composer avec les soucis de la vie. Vous avez appris à éviter les rechutes en anticipant les situations et en vous préparant à y faire face à l'avance.

Exemple : Vous avez perdu 15 livres depuis que vous avez décidé de suivre un cours de yoga trois soirs par semaine au lieu de vous étendre devant la télévision. Vous avez décidé de passer vos vacances dans le centre de villégiature qui offre des buffets à volonté. Par contre, vous vous êtes déjà inscrit aux cours d'aquaforme et vous avez conclu un pacte avec votre partenaire : ensemble, vous allez faire une promenade de trois kilomètres le long de la plage tous les jours.

Source: Cancer Prevention Research Center- Transtheoretical Model


L'appui des autres est essential

Il faut également savoir que tout changement peut modifier la relation que nous entretenons avec notre entourage, particulièrement avec les personnes qui ont les mêmes mauvaises habitudes, comme boire de l'alcool, fumer ou être inactifs.

Pour vous aider à maintenir votre nouveau style de vie, liez-vous d'amitié avec les gens que vous rencontrez au club sportif. Qui sait, peut-être serez-vous même en mesure d'améliorer vos relations avec vos proches qui ont souvent souffert de votre absence autour de la table lorsque vous restiez au bureau trop tard le soir. Vous saurez aussi reconnaître les personnes qui appuient votre nouveau style de vie et celles qui vous mettent des bâtons dans les roues.

Vous augmenterez vos chances de succès en vous entourant de gens qui vous encouragent. Après tout, qu'y a-t-il de plus valorisant que de voir vos enfants sourire lorsque vous leur annoncez qu'au lieu de travailler tard, vous les amenez voir une partie de base-ball?


Autres conseils pour encourager le changement

« Les habitudes aiment la compagnie » , fait remarquer Jan Hill. Pour arriver à les rompre, vous devez briser les liens entre elles. Si vous cessez de fumer, par exemple, et aviez l'habitude de griller une cigarette en prenant un café, vous devez modifier ce dernier comportement : sortez faire une promenade en buvant votre café! Pour vous faciliter la tâche, faites chaque jour le bilan de vos réussites, écrivez vos pensées dans un journal ou, encore, essayez de vous visualiser en train de réaliser un de vos rêves : faire de la voile autour des îles Vierges britanniques; autographier votre best-seller, etc.


La rechute : si vous ne réussissez pas du premier coup...

Tout d'abord, sachez qu'il n'y a aucune honte à faire une rechute. Il est très difficile de changer son style de vie. La plupart des personnes succombent à la tentation à un moment donné. L'important est de ne pas laisser cette rechute (peut-être avez-vous fumé une cigarette ou mangé tout un sac de croustilles), vous convaincre que vous ne pouvez y arriver.

Au dire des spécialistes, une rechute peut fournir de l'information indispensable sur votre degré de vulnérabilité. Tirez-en une leçon, repartez sur la bonne voie et apprenez à gérer les coups futurs. À force de persévérance, vous réussirez.


Cet article a été rédigé par Kristin Jenkins pour le Réseau canadien de la santé et remanié par Nexus Santé en mai 2008.