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Accueil - Projets en partenariat - Articles sur la promotion de la santé
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Articles sur la promotion de la santé

Quels sont les déterminants sociaux de la santé?

De nombreux facteurs se combinent pour déterminer la bonne ou la mauvaise santé d'une personne. Ces 12 facteurs sont connus sous le nom de déterminants de la santé.

Certains d'entre eux sont biologiques, donc fixes, comme le sexe ou le patrimoine génétique d'une personne. Parmi le groupe général des déterminants se trouve un plus petit groupe qui a particulièrement rapport avec le statut d'une personne dans la société. Ces variables socio-économiques sont connues sous le nom de déterminants sociaux de la santé, et elles ont une énorme influence sur l'espérance de vie ou la probabilité du développement de maladies dans la population.

Les déterminants sociaux sont complémentaires et, combinés, forment des relations complexes. Les intervenants en promotion de la santé ont classé ces relations de différentes manières. La ressource Prêt pour l'action : Les déterminants sociaux de la santé, regroupe les déterminants de la santé comme suit :


Inégalité de fortune et de revenu

La stabilité financière est un élément essentiel au maintien d'une bonne santé. Le bien-être physique n'est pas gratuit. Un logement approprié, des vêtements convenables, une alimentation saine ainsi que toutes les autres nécessités de la vie coûtent cher, et le stress lié au fait de ne pas pouvoir joindre les deux bouts peut avoir des conséquences négatives importantes sur les plans mental et physique. Une étude canadienne a conclu que les hommes dont le revenu se situe dans les 20 % du haut de l'échelle salariale vivent en moyenne six ans de plus que ceux dont le salaire se situe dans les 20 % du bas.

La distribution de la richesse dans un pays a également une grande influence sur la santé de sa population. Des études ont démontré un rapport évident entre la santé générale d'un pays et l'importance de l'écart entre les segments à haut et à faible revenu de sa population. En cas d'écart important, on trouve une incidence plus élevée de maladies et une espérance de vie moyenne plus courte. Le Japon est un parfait exemple de cette tendance, car il présente un écart des plus faibles entre les revenus et l'espérance de vie la plus longue du monde, malgré le fait que ce pays dépense un bien plus petit pourcentage de son PIB en soins de santé que le Canada ou les États-Unis.


Un logement abordable et la sécurité alimentaire

Nos logements doivent être propres, bien chauffés et sûrs. L'absence de ces caractéristiques dans les logements inférieurs aux normes est une cause directe de maladies et d'une mauvaise santé. Il faut s'attaquer au problème du logement avant toute chose. Le fait que les familles à faible revenu ne parviennent souvent pas à avoir une alimentation saine est principalement dû au fait qu'elles doivent dépenser la plus grande partie de leur salaire mensuel pour se loger. Une étude de Statistique Canada de 2002 a révélé que les familles à faible revenu ont plus de risques de vivre dans des logements en dessous des normes de qualité, alors qu'elles dépensent proportionnellement deux fois plus pour leur loyer que les autres familles.

L'insécurité alimentaire est également liée à un risque accru de maladies chroniques. Une étude effectuée par la Société canadienne du cancer (en anglais) a mis en évidence le fait que les familles à faible revenu avaient trois fois plus de risques de souffrir d'insuffisance alimentaire, c'est-à-dire de l'incapacité à acheter assez de nourriture pour satisfaire aux besoins de tous les membres d'un ménage. Cette étude a démontré que les personnes qui souffrent d'insuffisance alimentaire sont plus susceptibles de développer certaines formes de cancer, en raison d'une consommation insuffisante d'aliments qui préviennent le cancer, comme les fruits et les légumes. Les enfants ont besoin de manger sainement afin que leur corps et leur esprit se développent correctement. Selon l'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (1994), les enfants de familles à faible revenu tendent davantage à souffrir de problèmes de malnutrition qui les empêchent de fonctionner dans la vie de tous les jours, et ils ont bien plus de risques d'abandonner leurs études que les enfants qui proviennent de familles plus aisées.


L'éducation et l'alphabétisme

Rester en bonne santé n'est pas un processus qui va de soi. Il faut pouvoir lire et comprendre les informations qui nous aident à faire les bons choix pour nous-mêmes et pour nos familles.

Les chercheurs et les décideurs dans le domaine de la santé et de l'éducation considèrent les connaissances en matière de santé comme un lien très important entre l'éducation et l'état de santé de la population. Le niveau de connaissances en matière de santé contribue aux inégalités de santé entre différents groupes au sein de la population. Il est donc un indicateur de la santé de la population en général. Au Canada, 60 % des adultes n'ont pas les capacités d'obtenir des renseignements et des services de santé, de les comprendre et de prendre les mesures nécessaires et les bonnes décisions par eux-mêmes.

Il faut un haut niveau d'instruction pour obtenir un emploi épanouissant et gagner un salaire stable. De plus, ceux qui ont fait des études supérieures ont tendance à avoir davantage de contrôle personnel sur l'endroit où ils vivent, ce qu'ils mangent, sur leurs méthodes de travail et ce qu'ils font pour se détendre.


L'emploi et les conditions de travail

Au-delà des considérations financières, un travail satisfaisant offre un sentiment d'assurance et d'engagement, qui se traduit également par un sentiment de contrôle sur sa vie. Il a été prouvé que ce genre de contrôle a une influence positive sur la santé. Plus le sentiment de sécurité est fort et plus l'éventail de choix est large, plus on se sent prêt à affronter le stress biologique et social de la vie.

Le rapport entre l'emploi et la santé est particulièrement évident lorsque l'on examine les effets du chômage ou de la perte d'un emploi sur la société. Une augmentation des taux de dépression, d'anxiété et de consommation abusive de drogues rendent ceux qui n'ont pas de revenu stable bien plus susceptibles de développer des maladies et d'autres problèmes de santé chroniques. Montréal, qui accuse le plus haut taux de chômage et de pauvreté de toutes les villes du Canada, est également la ville la moins saine. Elle obtient la note la moins élevée pour presque tous les indicateurs de santé.


Les environnements sociaux et l'intégration

Un sentiment d'appartenance à la famille, au milieu de travail et aux groupes culturels et communautaires nous aide à nous sentir solidaires de la société en général et engagés dans nos vies et dans la vie des personnes qui nous entourent. Lorsque ce genre de soutien social est absent, les gens ont moins de chance de prendre soin d'eux-mêmes et de chercher de l'aide, et deviennent plus vulnérables au stress de la vie, ce qui peut contribuer à l'affaiblissement de leur système immunitaire.

L'exclusion socio-économique est le thème commun qui relie tous les déterminants sociaux. Sans les avantages sociaux que les plus fortunés tiennent pour acquis, les segments de la population à plus faible revenu souffrent d'un accès réduit aux éléments fondamentaux d'une bonne santé. Nous sommes tous dans le même bateau! Comme nous l'avons vu, plus l'écart de revenu est important entre les riches et les pauvres, plus la santé générale de la population entière en pâtit. Nous devons tous porter la responsabilité de mettre en œuvre des programmes qui assureront une distribution équitable de la richesse et de la santé parmi notre société.


Renseignements complémentaires

1. Une vague de changement. Iniquités et maladies chroniques au Canada atlantique Document de travail (2003), bibliographie annotée (2003), et trousse d'information (2005)

2. Les déterminants sociaux de la santé et les soins infirmiers : Résumé des enjeux. Association des infirmiers et infirmières du Canada, 2005.

3. Les déterminants sociaux de la santé. Les faits, 2e éd. Organisation mondiale de la santé, 2003.

Livres

Social Determinants of Health, Michael Marmot (éd.) et Richard G. Wilkinson (éd.), Oxford Press.

Social Determinants of Health: Canadian Perspectives, Dennis Raphael (éd.), Canadian Scholars' Press Inc. 2001.


Cet article a été rédigé pour la page des FAQ du site Web du Réseau canadien de la santé et remanié par Nexus Santé en mai 2008.